Portrait
Intermédiaire

Alan Herre, chocolatier de 22 ans, réalise tout lui-même, du fichier clients à son praliné maison

Alan, 22 ans
artisan chocolatier indépendant
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Légende
Alan Herre
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Crédits
Cristophe Pouget
À la tête de sa chocolaterie, La Fève dorée, une manufacture sans boutique, Alan démarche grandes entreprises et salons pour vendre en direct les produits d’exception qu’il fabrique seul dans son laboratoire.

Dans le jardin de ses parents à Neuilly-Plaisance (93), à la place de l’ancienne remise à outils, se trouve le laboratoire d’Alan, soit plus de 19 000 € de matériel et de machines nécessaires à l’exercice de son métier de chocolatier. Une somme qu’il a économisée au cours de ses années d’apprenti cuisinier ou pâtissier, dans des petites ou des grandes maisons. Il vend lui-même ses chocolats, bonbons et tablettes auprès des comités d’entreprise ou sur des salons de la région, qu’il a démarchés un par un. Son savoir-faire et sa débrouillardise, soutenus par l’Adie, ont été récompensés par le prix Pilote Moovjee en avril 2019.

L’entrepreneuriat, envers et contre tous

Pourtant, au départ, c’est seul qu’il s’est lancé, en janvier 2018, après une formation approfondie. « J’ai débuté avec un CAP de cuisine, puis j'ai obtenu un CAP de pâtissier et, pour finir, un CAP de chocolatier-confiseur dans deux écoles très différentes mais complémentaires : l’EPMT (École de Paris des métiers de la table) pour le premier, et l’École de boulangerie et de pâtisserie de Paris pour les deux autres. Après mon CAP de cuisine, j’ai passé deux ans en apprentissage au Westin Paris Vendôme. Je me suis vite rendu compte que je n’aimais travailler ni le poisson ni la viande ! », explique-t-il. 

En réalité, Alan a aussi pris conscience qu’il veut être indépendant et créer sa propre affaire. Son entourage familial ne le prend pas au sérieux… Les réflexions à propos de son âge et de son ambition le blessent, mais heureusement, il est suivi par un conseiller Pôle Emploi qui trouve les mots justes : « Il m’a dit qu'il n'y aurait jamais de bon moment pour les gens, mais que le bon moment pour moi, c’était maintenant ! Je n’oublierai jamais cette phrase », déclare Alan.

La vente… sans point de vente

La seconde recommandation délivrée par son conseiller Pôle Emploi a aussi fait mouche : suivre le programme Créajeunes de l’Adie. La formation que décroche Alan à l’issue de la présentation de son projet dure 6 semaines, et lui permet de monter La Fève dorée, son entreprise. « Des banquiers, des pros du marketing, de la com… tous bénévoles et tous présents pour nous aiguiller et avancer “en entonnoir” sur le projet, c’est-à-dire l’affiner. C’est simple, dès que j’avais une question, c’était : “Allô l’Adie ?” »

C’est d’ailleurs en partie grâce à l’association qu’il décide de se spécialiser dans le chocolat : « J’aimais autant son univers que celui de la pâtisserie, et je n’avais pas non plus mesuré à quel point il peut être passionnant et créatif. Dans un premier temps, sans boutique, j’ai surtout pensé à faire un choix raisonnable en limitant la prise de risques due aux pertes », justifie Alan. Il ne le sait pas encore, mais bonbons et tablettes font partie des produits de l’alimentaire sur lesquels la marge est la plus forte et les plus rentables.   « Autre avantage : parce que je suis “nomade”, je suis aussi moins cher que la plupart des artisans : mes chocolats ne dépassent pas 93 € le kilo, contre plus de 110 € chez un chocolatier traditionnel », souligne Alan avec fierté.

Alan et la chocolaterie

Avec ses 3 tablettes et ses 5 bonbons de chocolats différents aux formes originales, vendus dans des ballotins, il a fait le choix de la qualité plutôt que la variété. Son praliné, la base du métier de chocolatier, est fait maison. Très vite, les entreprises raffolent de ses produits et lui passent des commandes sur mesure. En même temps, sa jeunesse lui vaut des sympathies. Comme cette dame, rencontrée sur un salon, qui lui parle du concours Moovjee et l’incite à monter un dossier. Le résultat ? Une remise de trophée au cirque Bouglione, devant plus de 1 000 personnes, et une aide exceptionnelle qui accompagne sa micro-entreprise au quotidien. Alan n’a pas choisi la galette, mais sa Fève dorée a fait de lui un roi. 

  

Aller plus loin...

L'Adie s'adresse à tous les porteurs de projet qui recherchent un financement (jusqu'à 10 000€) et un accompagnement personnalisé. Grâce aux microcrédits, aux prêts d'honneur et aux subventions, l'Adie peut couvrir tous les besoins au moment de la création ou du développement d'activité.

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Portrait
Auteur
Nathalie Helal, Kangae

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