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Benjamin a créé une entreprise de confiture en Inde : histoire d'un succès plein pot

Benjamin, 24 ans
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Benjamin Vindry
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Benjamin Vindry
C’est à la suite d’un stage en Inde, lié à sa spécialisation dans le commerce international, qu’est née chez Benjamin Vindry, Lyonnais de 24 ans, l’idée de produire des confitures made in India. La marque qu’il a créée, « La Confiture de l’Himalaya », mixe avec succès recettes issues de la tradition française et excellence des fruits cultivés sur place.

Encore quelques jours avant que Benjamin ne reprenne la route de l’Inde. Sa destination ? Manali, une ville située sur les contreforts de l’Himalaya, connue pour sa douceur de vivre et l’excellence de ses fruits : pommes, prunes, abricots, cerises et fruits rouges y poussent en abondance, sans recours à des pesticides. 

L’aventure indienne de Benjamin a commencé il y a 4 ans, en janvier 2014 : « J’étais étudiant à l’IDRAC Lyon en commerce international, spécialisation entrepreneuriat. Mon stage de 6 mois en alternance à l’étranger, c’est en Inde que je suis allé le passer. J’avais découvert ce pays enfant, au cours d’un voyage avec mes parents, et j’avais adoré », raconte Benjamin. Son point de chute ? Une agence de voyages locale, spécialisée dans une offre de trekking pour les touristes internationaux, dirigée par Duni, un Indien avec lequel sa famille est toujours restée en contact. Accompagné de sa copine, il découvre une région enchanteresse. Seul manque important à ses yeux : la cuisine française ! L’offre gastronomique indienne est plutôt restreinte, sans parler des desserts, trop chargés en sucre pour un palais occidental… 

Un cageot de cerises comme déclic

Un cageot de 15 kilos de cerises, offert par Duni, sera le déclic : « On en avait beaucoup mangé, ma copine et moi, mais il en restait énormément ! Comme je n’avais aucune envie de les jeter, j’ai eu l’idée d’en faire des confitures, et de les faire goûter aux Indiens autour de nous. Alors qu’ils font très bien les chutneys, l’univers de la confiture leur est totalement inconnu. Ils ont tellement adoré que je n’ai pu en sauver qu’un seul pot ! », se souvient-il. De retour en France, il raconte l’anecdote à son père, entrepreneur dans l’âme, puis reprend le cours de ses études. L’année suivante, à la faveur d’un projet associatif consistant à fournir du matériel scolaire à un orphelinat tibétain situé en Inde, il reprend contact avec Duni. Les deux hommes, rejoints par le père de Benjamin, creusent l’idée d’une création d’entreprise de confitures à Manali. Après quelques échanges et entrevues pour définir la participation financière et le rôle de chacun, le projet est lancé, courant 2016. 

Construction d’une manufacture en Inde

Sur un terrain inexploité appartenant à Duni, Benjamin et son père font construire, pour 30 000 euros prélevés sur leurs économies, une manufacture de confitures. Une rallonge de 15 000 euros pour le matériel, acheté à Delhi, suivra peu après. « J’avais démarché des associations d’aides aux jeunes entrepreneurs, ainsi que des CCI, mais j’ai compris que leur vision était trop éloignée de la réalité du marché et du système indiens ! En revanche, je me suis inscrit à Beelys, le pôle Pépite de référence à Lyon et Saint-Étienne, et j’ai bénéficié du statut d’étudiant-entrepreneur dès l’année suivante », explique-t-il. 

En s’associant avec Duni, dont le réseau local est considérable, Benjamin a gagné du temps et tout bien cadré : « Ça nous a pris une année complète pour que toute la paperasse soit en ordre et qu’on soit dans les clous au niveau fiscal. Le bakchich est une pratique courante, heureusement j’ai bénéficié des conseils de mon associé. » 

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La confiture de l'Himalaya
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20 000 pots vendus en un an

Après une première année de production, qui a vu s’écouler plus de 20 000 pots de pommes, abricots et prunes, uniquement par le bouche-à-oreille, la marque « La Confiture de l’Himalaya », aux pots élégants, conçus par un graphiste français, s’apprête à lancer de nouvelles recettes aux fruits rouges, de mai à septembre prochains. Benjamin, dont la mission suivante est de former un contremaître pour encadrer ses 4 salariés indiens, songe maintenant à exporter son savoir-faire confiturier en France et en Angleterre. Pour cet aventurier, qui partage son temps entre Lyon et Manali, l’essentiel est de savoir guetter une opportunité et de sauter dessus. À pieds joints dans le chaudron. 

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Auteur
Nathalie Helal, Kangae

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