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Céline Lazorthes, fondatrice de Leetchi

Céline Lazorthes
Fondatrice de Leetchi
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Leetchi
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Audoin Desforges pour l'Etudiant
À 35 ans, la créatrice de Leetchi, le site de cagnotte en ligne qui réalisera plus de deux milliards d'euros de volume d’affaires en 2018, évoque son parcours d’étudiante geek et la création de son entreprise. Son ambition ? Changer le monde.
Comment avez-vous choisi votre orientation  ?

Admise en terminale S dans une école privée à Toulouse, je ne travaille pas et je décroche mon bac à la session de rattrapage. Je crois que s’il y avait eu l’option belote ou tarot, j’aurais été la meilleure  ! En réalité, j’avais eu "la" révélation quelques années plus tôt, en 1998, quand j’étais en troisième. L’accès à Internet a changé ma vie  ! J’ai découvert mon côté "geek" et j’ai compris que je voulais travailler dans ce domaine, sans bien savoir quoi y faire.

Au final, je suis montée à Paris, à l’EPITA [École pour l’informatique et les techniques avancées], une super école d’informatique dont j’intègre la classe prépa. En même temps, je trouve le cycle ingénieur trop technique. Je ne veux pas devenir développeur, et passer ma vie à coder. Après un deal passé avec mes parents, j’intègre l’IIM [Institut de l’Internet et du multimédia] en septembre 2003. J’en sortirai diplômée en 2007, après avoir beaucoup travaillé, surtout en dehors de l’école : je crée plusieurs sites Internet en free lance, je fais le plein de conventions de stages. Bref, je suis la reine de la magouille  !

Pourquoi avoir poursuivi vos études après ce diplôme  ?

J’avais beaucoup aimé les cours concernant la création de business plan. J’avais fait mon stage de fin d’études durant six mois chez Eyeka, où il fallait fédérer une communauté de photographes et de vidéastes de qualité. Je me suis dit qu’il manquait quelque chose à mon parcours pour faire ce que je voulais. Donc, j’ai intégré HEC en master digital business, sur dossier et concours, tout en achevant mon stage. Un vrai challenge tellement j’étais débordée de travail.

Comment vous est venue l’idée de créer Leetchi  ?

En dernière année d’études, j’ai organisé le week-end d’intégration de la promotion. En clair, cela voulait dire : "Trouver un financement pour partir faire la fête !" J’ai compris à ce moment-là qu’il n’existait aucun service pour collecter de l’argent. Quand je suis sortie diplômée de HEC, en juin 2008, je tombe en pleine crise financière. Avec un marché aussi morose, les perspectives de trouver du boulot étaient minces. Mes parents ont accepté de me sponsoriser un an de plus, le temps que je monte mon projet. J’ai travaillé sur un prototype, dessiné des maquettes, réfléchi et obtenu une aide étudiante de 20.000 € chez Ozéo. Pour le nom, je cherchais quelque chose qui évoque le bruit que font les pièces de monnaie lorsqu’elles s’entrechoquent, comme "cling"… Un soir, j’ai réuni des amis autour d’un apéro pour un brainstorming. Je voulais un nom court, facile à retenir et international. Un ami m’a dit : "Et pourquoi pas celui d’un fruit dans la lignée d’Apple ou Orange ?" On s’est dit que ça avait plutôt porté chance. C’est comme ça que Leetchi est né.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui auraient envie de suivre vos traces  ?

Il faut se lancer  ! On apprend à marcher en courant, donc, il ne faut pas hésiter à changer son destin, à vouloir vivre ses rêves. Surtout quand on vient, comme moi, d’une génération qui n’a connu que la crise. Et il ne faut pas oublier que l’entrepreneuriat est un formidable ascenseur social. Aujourd’hui, avec ma société qui est présente dans 150 pays et qui compte 10 millions de clients, j’ai l’impression de changer le monde et de ne pas travailler.

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