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Comment éviter l’échec

Après 12 ans de carrière dans la restructuration de PME, Yves Martin Laval crée un cabinet de conseil en 2000 et en parallèle investit dans plusieurs start-up. Une vie professionnelle bien remplie qui lui a donné des satisfactions mais aussi l’occasion de croiser quelques échecs.
Comment réagit-on quand on rencontre l’échec?

Tout dépend des circonstances de l’échec. Lorsque mes start-up n’ont pas marché, je ne l’ai pas pris personnellement parce que c’est dans la nature du métier de Business Angel de « rater » des coups. Lorsque je fonde et investi 2 ans de vie et un capital important dans une autre start-up, je ressens la perte comme un échec personnel mais encore une fois lié au risque et comme étant un des aboutissements possibles de la start-up. Mais j’ai été touché dans mon estime après une faillite rapide suite au rachat d’une société ou le dirigeant avait maquillé ses comptes. J’ai voulu comprendre pour rendre acceptable cet échec qui remettait en cause mes compétences.

Que peut-on faire pour ne pas se mettre en situation d’échec ? Est-ce qu’on peut l’éviter?

Dans le monde de l’entrepreneuriat, l’échec est encore tabou. Or, c’est dans la norme des choses possibles que d’échouer.

Prendre des risques est intrinsèque à la nature de l’entrepreneuriat. C’est oser aller sur un marché où d’autres ne vont pas. Renoncer à prendre des risques pour ne pas se mettre en situation d’échec est donc incompatible avec le métier d’entrepreneur. La vraie question c’est d’éviter l’irréversible. Pour les enfants qui apprennent le vélo, on multiplie les protections pour éviter la chute fatale qui les dégoutera de ce sport. Pour l’entrepreneur c’est pareil : il doit prendre des risques en connaissance de cause tout en prévoyant des garde-fous.
Est-ce qu’on peut identifier l’échec et s’y préparer ?

Dans le monde de l’entrepreneuriat, l’échec est encore tabou. On n’en parle pas pour ne pas porter la poisse et il est rare que les accompagnateurs abordent ce thème. Or, c’est dans la norme des choses possibles que d’échouer. Lever ce tabou, c’est déjà identifier l’échec et être prêt à y faire face au cas où. Personnellement je préfère remplacer le mot échec par le mot chute. En disant « échec » on enterre l’avenir. Alors que la suite naturelle d’une chute c’est de se relever et de repartir.

Qu’est-ce qui vous a aidé ?

La première chose qui m’a aidé c’est de toujours m’entourer de personnes externes, associés ou conseillers à qui j’ai rendu des comptes comme à des patrons. Ce regard extérieur, pas seulement en période de crise et la relation de confiance qui s’installe, m’ont permis de prendre du recul, d’être disposé à écouter malgré le stress et aidé à prendre les bonnes décisions. Par ailleurs, les choix que j’ai fait de ne pas m’obstiner alors que la situation était insoluble m’ont aidé à minimiser les pertes.

Comment avez-vous fait face aux échecs ?

Ce n’est pas toujours simple de le faire seul. En tant que gérant, je n’étais pas préparé à l’après faillite sans indemnités Assedic

Retrouver rapidement une activité était indispensable. J’ai repris mon métier de conseil mais et c’est la première cruauté de l’échec : il a fallu faire face à la perte de confiance des prospects moins disposés à acheter un conseil à quelqu’un qui n’a pas lui-même réussi. Je me suis d’abord repositionné sur le marché du travail en recadrant mon offre vers des prestations de services. C’est surtout l’association 60.000 rebonds avec sa méthode d’accompagnement de chef d’entreprise ayant fait faillite qui m’a remis sur les rails. Il ne faut pas hésiter à se faire aider.

Yves Martin-Laval

Op’n Dev Holding sarl

Stratégie d’entreprise

Siège social : Marseille

Expert financement et levée de fonds pour le Moovjee !

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Moovjee
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