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  • Être pompier, un engagement
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Sandrine Riou, sapeur-pompier volontaire

Sandrine Riou, 41 ans
Sapeur-pompier volontaire
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Sandrine Riou, sapeur-pompier volontaire
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Onisep
Les pompiers qui s’engagent ont souvent un membre de leur famille déjà pompier, ce qui n’est pas le cas de Sandrine. Il y a 17 ans, en lisant un article, elle apprend qu’on recherche des pompiers volontaires en Mayenne, et contacte alors le chef du centre de secours le plus proche de chez elle. C’est ainsi que l’aventure commence…
Pourquoi s’engager chez les pompiers plutôt que dans une association ?

J’étais très attirée par le secourisme et je voulais donner de mon temps aux autres ; ces deux notions se rejoignaient dans l’engagement en tant que pompier volontaire. La formation de SPV (sapeur-pompier volontaire) est longue et, pour la suivre, il faut poser des congés. Cependant, à cette époque, j’étais fonctionnaire et mon employeur me libérait du temps pour partir en formation, ce qui était une chance !  

Que signifie être d’astreinte pour un pompier ?

Concrètement, j’ai en permanence un bipeur avec moi et je ne peux pas être à plus de cinq minutes de la caserne. Je suis obligée de rester dans la commune et d’être joignable immédiatement. Je suis d’astreinte une semaine par mois (dont un week-end complet), 24 heures sur 24. La semaine d’astreinte se déroule du lundi au vendredi, la nuit, de 19 heures à 7 heures le lendemain matin car, pendant la journée, j’ai un autre métier. C’est le minimum que je dois donner mais je peux faire davantage. Lorsque je suis « sur secteur », je m’engage à être disponible.

Quelle place cet engagement prend-il dans votre quotidien ?

" Aider les autres est une vraie passion, et je suis moi-même devenue cette année formatrice aux premiers gestes de secours. "

On « vit pompier » en permanence. Cela se traduit par de petits réflexes dont je ne me rends même plus compte : je gare toujours ma voiture dans le bon sens, c’est-à-dire en marche arrière pour pouvoir partir plus vite si je suis appelée ; je sais toujours où sont mes clés et mes vêtements ne sont jamais loin : je suis prête à tout abandonner pour partir. Psychologiquement, c’est un investissement 24 heures sur 24.  Ce n’est pas toujours facile pour la famille, il faut savoir la préserver et faire des breaks. Mais aider les autres est une vraie passion, et je suis moi-même devenue cette année formatrice aux premiers gestes de secours.
Quels sont les aspects positifs et négatifs de cet engagement ?

Ce qui me plaît le plus, ce sont les aventures humaines. On vit des moments très forts, dans la joie ou la douleur. Il y a toujours de la satisfaction à avoir été utile. Je n’attends pas de remerciement : un sourire me suffit. Ce que j’apprécie également, c’est la cohésion d’équipe – on est très soudés – et l’acquisition, avec le temps, de capacités d’adaptation pour faire face à toutes les situations. Durant la formation, il y a d’un côté ce qui est écrit dans les livres et, de l’autre, la réalité du terrain, et ce n’est pas toujours pareil. Il n’y a pas grand-chose qui me déplaise, sinon je ne serais pas volontaire, même si être parfois « bipée » la nuit ou devoir me rendre à des manœuvres (entraînements physiques) le dimanche matin m’oblige à sortir de mon lit.

Comment réactualisez-vous vos connaissances ?

La formation continue est obligatoire. Nous devons nous former tous les ans aux techniques, qui évoluent – comme les dangers ! Par ailleurs, tous les mois, nous avons des manœuvres de recyclage (secourisme, etc.). On a beau être volontaire, on doit toujours apprendre et réapprendre ; en somme, se remettre en question. Mais je veux ajouter une chose : nous ne sommes pas des héros. Il y a beaucoup de gens qui voudraient être pompiers mais ne pensent pas en être capables. Or, tout seul, on n’est rien, et en équipe, on est fort.

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Source
Onisep
Auteur
Onisep